Passez votre chemin, monsieur, et, surtout, touche pas à mon ventre, sinon…

Passez votre chemin, monsieur, et, surtout, touche pas à mon ventre, sinon…

Ne pas toucher sinon
Ne pas toucher sinon..Credit photos : mybabytrip.free.fr

 

Une femme, seule, assez mal en point, marchant avec difficulté, tente de s’asseoir, à l’écart, sur un banc de jardin public. On dirait Atlas suant sous le poids du monde. Elle s’assied, se remet de sa fatigue et ne tarde pas à s’assoupir.

Un type déboule, la trentaine agonisante, sourire aux lèvres, le regarde attendri, s’approche d’elle, se penche, lui touche le… ventre et puis demande à la femme qui vient de se réveiller :  » Vous en êtes à quel mois?  » La femme, surprise, apeurée, se lève précipitamment et s’éloigne comme elle peut, de toute la force de ses jambes fébriles. Puis… Un coup de fil. Une sirène. Une voiture. Incompréhension. Une porte qui claque. Sirène à nouveau. Un poste de police. Une plainte. Bonjour, M. le juge. Au revoir, M. le juge. Bonjour M. le régisseur.  » Qu’est-ce que je peux bien faire là, M. le régisseur. Il y a à peine six heures, j’étais libre comme l’air, et, me voilà maintenant en prison. I don’t understand, Mister. Je n’ai rien fait, je n’ai fait que toucher le ventre d’une femme, juste toucher le ventre d’une femme… enceinte « .

C’était, hélas, la chose à ne pas faire. Pourquoi ?

La même chose, à quelques détails près, est arrivée à un homme, à Cumberland County, Pennsylvanie; la femme a porté plainte pour harcèlement et a eu gain de cause. Donc, là-bas, il est strictement interdit de toucher le ventre d’une parfaite inconnue sans son consentement. C’est un délit et qui sait ce que veut dire délit comprendra que ça mène toujours chez Monsieur le juge ; et que le travail de Monsieur le juge consiste, en grande partie, à offrir des séjours, tous frais payés, pour une prison de son choix et la durée de son choix à des personnes qui n’en veulent absolument pas mais qui, auront bon protesté, finiront par se plier à sa décision. Autant dire, un job de rêve.

En tout cas, méfiez-vous, car il n’y a pas plus idiot que de se retrouver en prison et de devoir répondre à l’habituelle question des codétenus : «Qu’as-tu fait pour atterrir ici » par un : «J’ai juste touché le ventre d’une femme, et de s’entendre poser une nouvelle question par un littéraire perdu dans les parages : «Toucher, dans ta phrase, c’est un euphémisme ou une litote ? » Pire que la ritournelle : «Je suis innocent »

Alors, faite gaffe à vos mains. Mais si vous êtes du genre démonstratif, et que la vue d’une femme enceinte vous pousse à vouloir tâter, toucher, cherchez-vous une femme à enceinter (ça se dit pas – en tout cas pas chez nous – mais ça existe quelque part). Si vous n’avez pas, hélas, de quoi enceinter une femme, soignez-vous ou coupez-vous les mains. Sinon gare à la case prison.

Mais soyons sérieux, est-ce une bonne chose, cette interprétation de la loi ? Peut-être que oui. Peut-être que non. Comme toute chose en cette vie. Mais, à ce rythme, bientôt, on interdira d’aborder une femme dans la rue, de demander l’heure à une femme dans la rue, de demander son chemin, quand on est perdu, à une femme dans la rue, et pire, de draguer une femme ou de reluquer les seins ou les fesses d’une femme. A ce rythme, la burqa sera salutaire et permettra même d’économiser les deniers de l’Etat.

Mais ça ne nous regarde pas. Ça, c’est affaires de Blancs. Ça se passe aux Etats-Unis. Pas chez nous. Qu’ils se démerdent. A bon entendeur. Salam les morts, aujourd’hui c’est leur fête.

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