Ceci, Seigneur, est-ce une vie ?

Article : Ceci, Seigneur, est-ce une vie ?
15 novembre 2013

Ceci, Seigneur, est-ce une vie ?

Crédits photos ; Khadim Mbodj
Crédit photo ; Khadim Mbodj

 

« Pour juguler nos affres » – comme dit un poète de chez nous – quand d’autres boivent, prient, se dissipent en croyant se libérer, nous, nous écrivons. La page blanche ne nous guérit pas certes, mais elle nous apaise.

Aujourd’hui, pas d’article, mais un poème, des vers qui, je l’espère, font sens et feront, modestement, réfléchir.

 

Ceci, Seigneur, est-ce une vie ?

Dites, est-ce une vie ?

Je vis au jour le jour et le jour est noir et sombre comme la nuit,

Je vis au jour le jour et dix jours qui passent se meurent identiques ;

Je suis jeune dans un pays jeune que dirigent des vieux qui rament vers la mort ;

La misère n’est pas mon lot, mais la misère me guette et guette toute la foule des hommes, mes semblables ;

Dans cette vie la misère est une ombre qui plane, qui gronde, qui menace : elle est comme la mort qui rôde, comme la clameur qui précède la folie des eaux ;

Dans cette vie le ciel est bleu et la mer sans ride, mais le plafond est bas, lugubre, oppressant,

Et ce plafond, ersatz d’azur nous pèse et nous pèse aussi le poids des dieux, des faux dieux dont l’autel jamais ne se vide.

Seigneur ! Si la vie est belle, alors nous sommes dans l’antichambre de la vie !

Sommes-nous bernés ? Rêvons-nous ? Où est la porte du réveil ?

Si la vie est belle, alors nous sommes dans les limbes de la vie !…

Je vis au jour le jour un jour noir et sombre comme la nuit, comme la rage qui noie l’éclat de nos yeux bouffis

Et tous les jours qui passent se meurent identiques,

Et tous les jours qui passent razzient, rançonnent l’espoir qui se courbe et ploie comme épis au vent…

Je suis jeune dans un pays jeune que dirigent des vieux qui rament vers la mort.

Pourquoi ramons-nous vers la mort quand le sang qui coule vif dans nos veines appelle la vie ?

Pourquoi ?

Rêvons-nous ? Sommes-nous bernés ? Où est la porte du réveil ?

Si ce rêve prenait fin, verrions-nous enfin la vie, la vraie ?

Ou est-ce cela la vie ?

Dites, Seigneur, ceci, est-ce une vie ?

Ceci, est-ce la vie ?

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