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« Garçons jouant au foot » par Olivier Epron

Une rue

une de celles où j’ai perdu mon enfance

et ma jeunesse

j’y ai grandi

joué au foot, j’y ai fait le fou, j’y ai découvert l’amitié

Une rue joyeuse, éclatante, comme un soleil d’été à la plage un après-midi

rue sablonneuse bac à sable

Une rue d’enfants qui ne savent pas ce qu’est la vie

Car

la vie à cet âge c’est juste un matin un midi et un soir

et des événements qui viennent la meubler comme une pièce

 

Puis un jour

un homme y est mort dans cette rue

Un jour un homme est mort dans cette rue

 

et depuis elle n’est plus la rue

soleil et sable

de mon enfance, de ma jeunesse

Le sang de cet homme a repeint mes souvenirs

a redessiné ma vie

Sur un tableau gai un peintre a peint la mort

La Joie de vivre est devenue Guernica

Que n’est-il mort 5  6  7 rues plus loin ?

Que n’est-il mort ailleurs,

ce malheureux !

 

 

Un enfant, dans la solennité silencieuse d’une bibliothèque.

Intimidé, il s’approche d’un rayon

hésite

puis choisit un livre

Proust     un pavé de 750 pages !

Il le dépose sur une table  s’assoit

le feuillette encore et encore

comme cherchant quelque chose !

« Comment un livre peut-il être sans images » semble-t-il se dire

Enfant je me disais la même chose          comme tout le monde

Une minute plus tard   – A-t-il tout lu ? –

il repose Proust et s’en court au rayon Jeunesse – plus coloré, plus enchanté –

Il s’était juste trompé

(ou curieux il voulait voir ce que lisait les « Grands »)

Proust il le lira peut-être dans 10 ans ou 20

ou jamais

Moi qui vous parle je ne l’ai pas encore lu

750 pages !

et ce n’est qu’un tome !

 

Une scène à laquelle j’ai assisté hier à la bibliothèque

 

majestic

Assis, seul à lire des blogs, des lettres, des paroles ou lyrics (cela dépend de celui qui parle), et des articles, qui parlent de tout et de n’importe quoi.
Envoyé valser Boris Diop et son Cavalier pour aller surfer – est-ce que ça se dit toujours – sur le net.
Quoi de neuf aujourd’hui chez CIA, NSA et compagnie – nous naviguons au beau milieu des eaux américaines ouvertes au public et nous nous étonnons que l’on soit surveillé – eh oui, c’est ça le WEB se foutre nu en pleine rue et s’offusquer de découvrir que tout le monde parle de la taille de notre sexe — Bref.
Je disais donc que n’ayant rien à faire (depuis que je suis à l’université, je n’ai constamment rien à faire, allez savoir pourquoi !) je me suis lancé dans un marathon de lecture.
Bob Dylan (toutes les paroles des chansons de Freewheelin), quelques paroles de chansons de Disiz (une déception !), deux mois de billets de blog-ues d’un Canadien (cela se devine rien qu’en lisant chars, fin-vingtaine et autres créations québécoises !);
Morale : un blog fermé reste toujours un blog tout comme un site archéologique est parfois mieux qu’un cinéma
Bob Dylan : le croirais-vous ? Je ne connais presque aucune de ses chansons et pourtant j’aime ses chansons allez savoir comment !
— Si j’avais causé avec le traducteur j’aurais pu publier quelques bribes de paroles ici mais hélas sans droit ni autorisation ça se fait pas —
Et comment croire qu’il n’avait que 21, 22 voire 23 ans à cet âge je me croyais étudiant et je ne voulais pas me prendre au sérieux
Disiz : ou il a le flow qui tue ou c’est sa dégaine qui me plait à moins que je sois chauvin mais ses paroles rien à voir avec Bob D. ou Bob M.
Autre morale : les bourges dirigent le monde, leurs rejetons, qui ne les aiment pas (qui dirige n’a pas de temps libre, pas même pour un mioche) veulent changer le monde de papa et maman et n’y arrivent presque jamais alors ils se contentent de changer de look de vie de trottoir de pays ; et les pauvres, eux, choisissent leurs camps et suivent papa maman ou les rejetons
Et, j’oubliais lu aussi une lettre d’un père écrivain à son fils amoureux.
L’insomnie acte 1 scène 10
FIN
Et pour finir une citation butinée au hasard de ma lecture publiée telle que je l’ai trouvée et qui j’espère clôt admirablement cette chose pondue par un insomniaque chronique et que je nomme hélas Article

Traduction boboche à partir de l’Allemand: «Les gens aujourd’hui croient que les scientifiques sont là pour les informer; les poètes, les musiciens, etc., pour les divertir. Que ces derniers aient quelque chose à leur enseigner ne leur vient pas à l’esprit.»

Une pensée de Ludwig Wittgenstein
SALAM

C’est la nuit. Rien à faire. C’était pendant la panne sèche.Pas de films, marre des livres (il m’arrive parfois d’en avoir marre, mais cela ne dure jamais, Dieu merci !, juste quelques heures).

Que faire alors ? Pourquoi pas un article pour Mondoblog ? Ecrire. Je voulais écrire un article et j’ai écrit ceci. J’ai voulu alors le ranger dans un tiroir, comme tous les autres, comme tant d’autres. Il en est sorti de lui-même. Alors le voici : j’espère qu’il vaut la peine d’être vu et lu.

Dakar la nuit.

La nuit Dakar.

A l’heure où les artères se vident, où ne roulent que les taxis, et les cars rapides.

Dakar la nuit.

La nuit. Dakar.

Je marche. Je marche toujours. Aussi longtemps que je me souviens, je marche.

Marchent aussi ces femmes, vêtues comme pour la plage, à minuit.

Il fait froid, je marche, elles marchent…

Pas de taxis à cette heure : les prix haussent le ton

Et les cars bariolés déglingués pas si rapides passent au compte-gouttes

Pas de femmes juste des hommes qui reviennent de quelque part de nulle part

Et pourtant il y a des femmes qui marchent cette nuit vêtues comme pour la plage

Et pourtant il fait si froid…

Il y a aussi ceux qui dorment blottis comme un paquet oublié par un marchand trop pressé paquet d’os de fièvres de glaires et de rhumatismes perdu sous la lune les lampadaires et le regard de Dieu qui veille peut-être sur eux

Regard qui clignote.

Dakar la nuit.

La nuit. Dakar.

Il y a toujours un homme qui marche, cette nuit et toutes les nuits

Moi ou un autre ou une autre.

 

 

Un homme marche puis s’arrête

Une de celles qui marchent s’arrête

Un taxi s’en va mais reviendra bientôt

Là-bas des hommes attablés ne peuvent s’arrêter de rire de mâcher de boire

Ils brillent, ils flambent ils détonnent, feux follets, lucioles maîtres de la nuit de cette nuit

Puis hausseront le ton et s’en iront eux ne marchent pas.

Il est quelle heure ? Minuit ? Une heure ?

Qu’importe ! La nuit c’est juste la nuit               peu importe l’heure

Et il y a ceux qui marchent et ceux qui ne marchent pas.

Un taxi s’en revient vide ou presque léger

Et marchent toujours ceux qui marchent.

Les taxis haussent toujours le ton et la goutte ne tombe toujours pas.

Alors je marche comme toujours dans Dakar.

Il fait nuit.

Je marche toujours.

Aussi longtemps que je me souviens je marche.

 

A ceux qui sont morts en voulant fuir « l’enfer » de leur pays et qui voulaient rejoindre l’Espagne, qui signifie l’eldorado pour eux. Ceux qui croient que partir est la seule issue. Partir, à tout prix. Pour peut-être revenir un jour, la tête haute.

Ces quelques vers, qui n’y feront rien.

 

 

Une vague.
Dessus
La vague
Des hommes
qui rêvent…
Partir
Ailleurs
Qu’importe où
Partir
Qu’importe
Le risque
La mort
L’oubli
Partir
Est-ce une
folie ?
Est-ce une
bêtise ?
Qu’importe
Ils partent
Ils partiront
Ils mourront
Ils reviendront
Déçus
Comblés
Qu’importe
Toujours
Ils partent
Ils partiront
Si
Toujours
Ici
Rien ne change
Rien ne change…

 

Pourquoi ce poème, et pourquoi aujourd’hui ? Parce que les pirogues partent toujours et sombrent… hélas !

Je vous rendrai la monnaieCrédits Photo : www.au-senegal.com

Je vous rendrai la monnaie
Crédits Photo : www.au-senegal.com

 

Une fois n’est pas coutume, je vais parler de politique. Et qui dit politique au Sénégal, en ces temps qui courent, parlera forcément de la traque des biens supposés mal acquis.

De quoi s’agit-il ? D’une chose très simple.

Sous le régime précédent, celui de Wade (chassé dans les conditions que l’on sait), c’était un secret de polichinelle que nos finances publiques avaient été pillées, détournées, vampirisées par tous ceux ou presque qui s’en sont approché.

Avec l’avènement de Macky Sall (lui-même ancien premier ministre et ministre sous Wade), à qui l’on connaît une énorme – et fort douteuse – fortune, a été lancée une procédure judiciaire visant à recouvrer nos deniers perdus de vue. C’est ainsi qu’a été mis sur pied la Crei (Cour de répression de l’enrichissement illicite), chargée d’enquêter, de débusquer et de punir si délit il y a.

Après l’affaire Karim Wade (fils de l’ancien président Wade) et quelques autres, on parle de l’affaire Aïda Ndiongue.

En quelques mots, voici de quoi il est question :

Après les terribles inondations des années 2000, un appel d’offres pour des produits phytosanitaires est lancé et la dame sus-nommée le remporte, puis avec quelques complicités, empoche le chèque, mais ne livre pas la marchandise. Un marché de 5 milliards qui monte mystérieusement à 77 milliards de nos pauvres francs. Et, pour ne rien arranger, la traque lancée, l’on découvre 47 milliards en liquidités, or et diamants placés dans une banque de la place. (La question que je me pose, malgré moi : ou elle ne sait pas ce qu’est l’évasion fiscale, ou c’est une grande patriote). Depuis la presse en fait ses choux gras et la dame se languit en prison, attendant de savoir à quelle sauce elle sera mangée.

Mais là n’est pas la question.

J’ai entendu dire que 47 milliards, divisés par 12 millions (le nombre de Sénégalais), cela faisait 3000 par tête. J’ai refait le calcul : cela fait exactement 3916,66666666667.

Alors, si jamais le détournement est avéré, pourquoi ne donnerait-il pas, à chaque Sénégalais, 3000 francs et quelques poussières de chiffres impossibles.

On aura plus de chance d’en jouir ainsi que s’il reste dans les caisses de l’État. Et pourquoi n’en ferait-on pas de même des 700 milliards de Karim Wade ou des 2000 milliards qui seraient, selon certaines langues, la somme totale qu’on nous aurait volée sous le règne de Wade. Ça nous servirait bien à quelque chose.

Alors, pour finir, messieurs de la Crei, si jamais vous mettez la main sur ce pactole, qui à force d’être beaucoup d’argent ne représente plus rien de concret, si jamais je dis vous mettez la main dessus, donnez-moi mes 3000 francs (voire plus).

Nguir yalla wa rassoulih, pour l’amour de Dieu et du prophète.

Car s’il reste dans vos mains (si jamais il y arrive), j’ai peur de ne jamais en voir la couleur ni d’en jouir, car pour beaucoup d’entre vous, les poches de l’État, c’est comme vos poches.

A bon entendeur, salam. Je surveille mon compte.

Crédits photo : cairn.info

Crédits photo : cairn.info

Panne sèche. 

Pas de signe de vie depuis trois semaines, la faute à l’inspiration; aucun sujet et, manque de bol, problème d’ordi. Alors on fait appel au tiroir où dorment les « poèmes commis, inédits et qui redoutent la lumière ».

Place au poème… et bonne lecture. A bientôt, j’espère. 

 

Les pauvres -et quelques intrus –  (titre provisoire)

Dans mon pays, les pauvres  – et quelques intrus – dorment, dehors, à même le sol. Ils ont si peur de la mort qu’ils guettent, l’oreille collée au pouls nocturne de la vie, son approche et se réveillent dès qu’elle s’annonce.

Leur réveil nocturne, comme celui des chiens, annonce les pas de la mort. Et ceux qui savent respirent une dernière bouffée.

Mais, cette nuit, hélas ! l’un d’eux a eu l’oreille dure de fatigue.

Et le jour se lève.

Et la rue s’anime, et les trottoirs deviennent souk qu’il dort encore.

Et, le soir, comme si rien ne s’était passé – les pompiers ont nettoyé la rue – les pauvres (et les quelques intrus) retrouvent leur dur paillasson et prient pour ne dormir que d’un oeil, que d’une oreille, si d’aventure revenait la Trouble-fête.