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Capharnaüm
Article : Les prisons sénégalaises : un mouroir !
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16 décembre 2013

Les prisons sénégalaises : un mouroir !

Crédits photo : lifixew.com
Crédits photo : lifixew.com

J’ai une tribune pour m’exprimer, des choses qui m’interpellent et une modeste plume, alors pourquoi me taire ?

Tout dernièrement, les journaux ont encore parlé des prisons. De la plus célèbre, Rebeuss. Rebeuss la terrible. Pas de Karim Wade ou des politicards supposés voleurs qui y croupissent. Mais d’un jeune qui y est mort, et, selon le certificat de genre de mort, c’est loin d’être de manière naturelle. Il serait mort par strangulation et avait plusieurs « plaies contuses » sur différentes parties de son corps. Digression : voilà une information qu’on ne verra pas au J.T. de la chaîne nationale.

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Bref, ou, plutôt, hélas, est-ce une chose nouvelle ?

Tout le monde le sait, mais ne le dit jamais : dans les prisons sénégalaises, on meurt comme des mouches. Les matons tuent, la tuberculose tue, d’autres maladies aussi tuent, les codétenus tuent et j’en passe. Rares sont les prisonniers condamnés à de longues peines qui en voient le bout. Soit ils meurent en prison, soit ils sortent mourants pour… mourir dehors. Et soigner les statistiques.

Seuls les nantis sortent du lot, comme toujours. Incarcérés, ils vivent à part, loin des chambres « populeuses » (le fameux « paketass *») où s’entassent ceux qui n’ont pour capital que leur vie.

Source : Page Facebook de Simon (Y en a marre)
Source : Page Facebook de Simon (Y en a marre)

La faute à qui ? A une société qui n’a aucun égard pour ceux qui ont la malchance de se retrouver derrière les barreaux. Et qui s’en fout royalement de ce qui peut leur arriver. Tant que cela n’arrive pas à un proche.

Mais, comme dit plus haut, dans une société où l’on court toujours après l’argent, il y a détenu et détenu.

Ceux qui y sont à cause « d’un coup du sort », qui n’y sont pas à leur place, peu importe le délit ou le crime commis, et qui n’y restent jamais longtemps. Et qui en sortiront comme s’ils venaient de passer un peu de temps à l’hôtel.

Et les autres (décidément, ces temps-ci, j’aime ces trois mots), ceux qui y sont parce que là est leur vraie place, qui y retourneront tôt ou tard, car, dehors, personne ne veut d’eux, pas même leurs parents. Car, pour la société, ils n’existent plus; et la réinsertion étant quasi inexistante, ne sachant ou ne pouvant rien faire, ils n’ont d’autre endroit où aller que la rue – la  rue, le plus court chemin qui mène vers la prison. Ainsi, dans certains quartiers, ceux qui ont déjà fait de la prison ont huit chances (???) sur dix d’y retourner.

Y a-t-il une solution, en fin de compte ? Peut-être ! Espérer (hélas ! juste espérer) que les mentalités changent et que la société cesse de percevoir la prison comme un point de non-retour, un purgatoire pour âmes perdues. Car la volonté politique faisant cruellement défaut, rien d’autre, à mon avis, ne peut influer sur la courbe des choses. Les nouvelles prisons n’y feront rien – Le Sénégal indépendant n’a jamais construit de prisons, toutes datent du temps des colons (ce qui veut tout dire) – si l’on n’attaque pas le mal à la racine. Car ne sont victimes de ces sévices, la plupart du temps, que les prisonniers dont personne ne se préoccupe.

Et Dieu sait que les politiques savent ce qu’est la prison. La plupart y ont séjourné, à la suite d’un différend avec le maître du moment ou pour un détournement, réel ou supposé. Mais les politiques étant dans la classe des nantis, des « réseautés », pour eux, c’est juste un bon point pour le c.v., une preuve de constance, d’engagement ou de loyauté à des idéaux ou un parti.

Mais si la prison n’était que cela pour tout le monde : une étape – surmontée – dans une vie. Si seulement elle n’était que cela !

 

Paketass ; vient du français paquet, désigne la façon inhumaine dont les détenus sont parqués dans des chambres minuscules par centaines ( voir la photo)

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Article : Il était une fois Mandela… et les autres
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9 décembre 2013

Il était une fois Mandela… et les autres

info-afrique.com
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Il était une fois une terre où vivaient des hommes, l’Afrique,

Il était une fois un peuple sur cette même terre, quelque part dans le Sud ;

Puis un autre peuple est venu d’ailleurs et s’est rendu maître, par la force et la ruse, de cette terre

–  Et un peuple en a asservi un autre, parce qu’ils disaient : «Nous sommes différents ».

C’était les débuts de l’apartheid.

Ce peuple asservi, c’était les Noirs d’Afrique du Sud.

Puis un homme est venu dire non à ce système, au mépris de sa vie, de sa liberté.

Car il luttait pour son peuple qui n’avait plus de liberté, il luttait pour l’Afrique et pour l’humanité.

Et cet homme a fini par vaincre le système.

Mais, pour cela, que d’épreuves traversées, de souffrances endurées, d’humiliations subies.

Cet homme, c’était Mandela, Nelson Mandela.

Et, depuis le 5 décembre 2013, cet homme n’est plus.

Cet homme était devenu président de cette terre d’Afrique du Sud.

L’opprimé avait à sa merci l’oppresseur.

Mais il a pardonné, il a montré à tous ce qu’était le pardon.

Car nous savons tous ce qu’est le pardon, mais nous ne pardonnons guère.

Ou, alors, peu d’entre nous le font.

Et c’est, avec son combat, ce que je retiendrai le plus de lui.

Mandela, pour moi, c’est un homme qui a dit non, qui a lutté pour ses principes et qui a pardonné.

L’un des meilleurs hommes qui soient.

Mais, hélas !, il y a eu Mandela… et les autres. Les autres, ceux qui nous dirigent, qui nous ont dirigés ou qui veulent nous diriger et qui ne sont pas Mandela. Ils sont légion et ils sont partout, dans tous les pays.

Vous les autres, un homme fut qui n’est plus.

Un homme comme vous et moi, et qui a fait, à lui seul, plus que vous tous (ou presque) réunis. Prenez-en de la graine. Pour que son combat ne soit pas vain. Pour que l’Afrique, et l’humanité toute entière, vivent comme il l’aurait souhaité : en frères et sœurs, en hommes libres, sans distinction aucune.

A bon entendeur. Repose en paix, Madiba et veille sur nous et les autres.

info-afrique.co
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Article : Fauché, en décembre, comme un rat d’église (musulmane)
Billet pas sérieux
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3 décembre 2013

Fauché, en décembre, comme un rat d’église (musulmane)

Crédits photo: fr.123rf.comJe suis fauché, comme ce champ
Crédits photo: fr.123rf.com
Je suis fauché, comme ce champ

 

J’ai cassé ma tirelire et pas même de quoi amadouer, soudoyer un videur.

Non. C’est juste pour rire. Je n’ai pas de tirelire (et même si j’en avais un, ce serait tout comme), et je ne vais plus en boite depuis six, sept ans. Pour être même plus prêt de la vérité, je n’y suis jamais allé. Quoi !!!? Moi, j’étais plus choladera (si tu ne connais pas, ça veut juste dire soirée dansante), boum au salon sous les yeux attentifs et outrés des parents (encore du pipeau). Non, dans mon temps (c’était il y a juste huit ans), on se contentait des teufs du quartier ; les night-clubs, c’était loin, c’était cher et c’était un niveau au-dessus. Vous pouvez en déduire la jeunesse sage que j’ai eue. Mais les temps ont changé et les jeunes sont de plus en plus précoces. Bref, c’est un autre débat.

Je disais donc : décembre s’annonce et je suis aplati (portefeuille y compris) comme une ruelle qui attend son fameux goudron. Mais si ce n’était qu’aujourd’hui. 2013 a été (elle n’est pas encore finie) une année naze : ils m’ont coupé la bourse (mais j’ai encore la vie et elle continue !) et depuis le début de l’année, calme plat.

Crédits photo : panoramio.com
Crédits photo : panoramio.com

 

Déjà, en janvier, j’étais fauché, en février, j’étais fauché, en mars, j’étais fauché, avril, idem, mars, itou, juin, juillet, août, pitoyable comme le paysan qui ne voit pas encore l’ombre d’un nuage, septembre, fauché, octobre, novembre, pareils. Et décembre vient boucler la boucle à la gorge de cette année catastrophique.

Mais pourquoi j’attends décembre pour me plaindre ? Parce que j’ai une tribune où m’exprimer, pardi ! (et presque pas de lecteurs). Oui, entre autres raisons. Pour dire vrai, ayant débuté l’année au fond du trou, j’aurais espéré la terminer autrement, en beauté (ou tout comme).

Car pour fêter décembre comme il se doit, il faut être riche comme Crésus, sapé comme un Congolais et à la page comme Facebook. Et je ne suis ni Crésus, ni Congolais, encore moins à la page.

Crédits photo : inzocongo.net
Crédits photo : inzocongo.net
Crédits photo : paperblog.fr
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Crédits photo : amabilia.com
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Crédits photo : afriquechos.ch
Crédits photo : afriquechos.ch
Devant toutes ces photos j’ai pas pu résister

Et comme décembre est un mois spécial pour moi (pour ceux qui savent), ce serait dommage de la passer à compter les poteaux et à vider un stylo sur du papier bas-de-gamme. Bref (ou plutôt rebref), ce billet est mort de sa belle mort, car il n’avait pas de raison d’être. La faute à l’insomnie !

P.S. : J’aurais aimé vous entretenir de choses plus sérieuses, mais, comme nous, nous carburons à l’inspiration (et elle ne se commande pas), on fait avec ce que l’on a. A bon entendeur, salam. Bon décembre et vivement 2014. Et pourvu qu’elle soit meilleure.

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Article : Le temps du Seigneur, le temps des Blancs et le notre ou l’heure sénégalaise
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26 novembre 2013

Le temps du Seigneur, le temps des Blancs et le notre ou l’heure sénégalaise

cieljyoti.wordpress.com

Crédits photos : cieljyoti.wordpress.com

N’allez pas croire que nous avons notre heure à nous, comme ces Toubabs qui s’amusent à ajouter ou à retrancher une heure, selon la saison, au Temps du Seigneur. Car il faut bien le dire, l’heure nous appartient certes, ça c’est vrai, c’est une création de l’homme, et la minute et la seconde et la montre qui les héberge tous, et les tracas et soucis qu’elles nous causent, mais le Temps ce n’est pas à nous, c’est au Grand Patron, c’est son invention, alors respectons son droit d’auteur !

Se plaindre du Temps ou ne pas s’en accommoder, c’est comme la souris dans sa cage au laboratoire qui en a marre de la promiscuité qu’on lui impose (comme si elle connaissait quelque chose en matière de budgets serrés en ces temps de crise), ou le ver dans l’intestin (le votre, pas le mien) qui se plaint de ne pas dîner à des heures fixes.

Nous, le temps, ou l’heure, pour être plus exact, on n’en a rien à battre. C’est une sottise importée du Pays des Blancs. Avant eux, c’était le soleil se lève à l’est et se couche à l’ouest, on se lève avec le soleil et on se couche après lui, sauf si la lune daigne le suppléer. Et tout était réglé comme la succession du Fils au pouvoir après la mort du Père, selon la volonté du Saint-Esprit, le peuple.

Les Blancs, c’est la pire chose qui puisse arriver à un Africain, après les Noirs qui nous dirigent, s’entend. Eux, ils sont… Noirs et Blancs ; allez savoir même si c’est leur vraie couleur. Bref.

Je m’égare ; revenons à notre sujet du jour : le temps, et surtout l’heure sénégalaise.

Ce n’est rien d’autre que la fâcheuse habitude qu’ont mes compatriotes de se moquer éperdument d’arriver à l’heure à un rendez-vous ou de se pointer à l’heure au boulot.

Je vous donne un exemple : Supposons que vous deviez retirer un document administratif dans un des nombreux services de l’Administration sénégalaise. Même si l’on vous dit de venir à huit heures pétantes, surtout n’y allez pas à cette heure. Ou alors emportez un livre avec vous, ou un tricot, ou mieux, un tabouret pour vous asseoir. Vous en aurez besoin, car vous risquez fort de perdre votre temps et de vous tourner les pouces. Allez-y vers neuf heures, neuf heures trente, voire dix heures. Et croisez les doigts : on tombe souvent malade chez les fonctionnaires.

Et le comble c’est que si vous vous pointez en retard, vous n’avez plus qu’à revenir demain ou un autre jour. Car la dame (c’est presque toujours des dames) sera déjà partie. Ils n’arrivent jamais à l’heure et repartent toujours avant l’heure. Si l’heure de la descente (c’est ainsi qu’on nomme la fin de la journée de travail chez nous) c’est treize heures, ne venez surtout pas après midi. Vous n’y trouverez que les travailleurs consciencieux (fort rares, mais ils existent) et des couloirs et des bureaux vides. Et on se demande toujours pourquoi le pays en est là ! Bref, ça c’est pour l’administration.

Avec le commun des mortels, le citoyen lambda, le Sénégalais moyen, c’est la même chose.

Si vous avez l’intention de lui fixer un rendez-vous, renoncez-y si vous le pouvez. Sinon, donnez-lui le temps de venir à l’heure. – Tout ce que je viens de dire plus haut est tout à fait logique – Car son heure n’est pas la votre. Vous lui dites : « On se voit à 15 heures ». Il vous entendra, il vous comprendra mais il n’en fera qu’à sa tête. Son heure n’est pas la votre.

Ceci est vrai à un tel point qu’il s’est créé une nouvelle expression pour dire venir à l’heure :
– On se voit demain, sans fautes.
– T’inquiètes. C’est noté. A quelle heure ?
– 18 h. Heure américaine.
– Tu crois parler à qui ? J’y serai.

Il y sera, c’est indéniable. Au Sénégal, on ne pose pas de lapin ; on dit juste au lapin de vous dire de nous attendre, de patienter. De nous donner le temps d’arriver à l’heure. A notre heure. Mais seul Dieu sait quand.
A bon entendeur. Salam

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Article : Qui a dit que le latin est une langue morte ?
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21 novembre 2013

Qui a dit que le latin est une langue morte ?

Même les Romains en perdent leur latin

Dessin de Marine Fargetton : unprintempspourmarnie.mondoblog.org

 

Saviez-vous que Dieu n’aime pas le latin. Oui. Ou alors mon Dieu à moi. Cette langue, Il l’a en horreur. Il l’abhorre.
Primo, Il leur a envoyé (eux, ce sont les Romains, ces maîtres du monde antique, qui parlaient … latin) Néron, et maints autres tyrans. Oui, vous me dirais qu’ils ont eu tout de même César, Auguste et je ne sais plus qui ; mais n’oubliez pas que la folie et la cruauté de Néron a vaincu deux millénaires et que ni Mobutu ni Bokassa, à mon avis, même coalisés, ne pourront l’égaler.

Bref… Secundo, Il leur a envoyé – qui ? – les Barbares, à leur tête Alaric, un chouette monsieur, qui mit Rome à sac. Quelques années après, plus d’Empire romain, mais le latin, comme tous les enquiquineurs, a la peau dure. Et ni le temps ni les langues nouvelles, bien en bouche et sur toutes les… langues, n’y ont rien fait. Langue satanique, elle fait de la résistance. A la longue, mon Bon Dieu risque d’y perdre son… latin – zut, encore lui – et alors ce sera le remake de Sodome et Gomorrhe subissant l’ire des Cieux.
Je disais donc, l’Empire romain et ses Romains morts au 5 siècle après J.C, la langue aurait dû suivre. Mais ce qui tue les hommes ne tue pas une langue. Surtout quand cette langue a pour nom : latin. Vous me demanderez : « On la parle où ? En Amérique latine ? En Italie ? Où, Bon Dieu ? » Je vous répondrais : « On la parle à l’église (pas dans toutes), et aussi par les vieilles têtes pédantes du siècle dernier et dans les amphithéâtres. Surement aussi en Enfer. N’ayant jamais mis les pieds dans une église (mais curieux comme je me connais, ça viendra) et n’étant pas, à mon avis, ni vieux ni pédant, je ne pourrais vous parler que du latin dans les amphis.

César, mort, Brutus, l’ayant tué, mort, Néron, mort, bref tous les Latins six pieds sous terre ou sous lave, que peut bien faire cette langue-zombie sur terre. Et bien, elle n’est encore là que pour hanter mes nuits et jours d’étudiant de Lettres Modernes.

Mais est-elle elle-même fautive. Non. La faute incombe aux « ressusciteurs » d’antiquités et de langues mortes qui nous l’enseignent. Eh oui ! On est en 2013, deuxième millénaire après J.C. et on continue à nous bassiner avec cette… revenante. Sous prétexte que ça aide pour mieux comprendre les tenants et les aboutissants de la langue française, qui lui doit une fière chandelle, on nous la sert, déclinée à toutes les sauces : conjugaison latine, déclinaison des verbes latins, historique du latin de la Rome à la Gaule de Rabelais (sic).

Ainsi l’on vous apprend que tel ou tel mot vient d’un mot untel, -j’aurais pu vous donner quelques exemples mais j’ai plus un mot de latin en tête (ou presque) – Sans elle donc, pas de français, partant pas de Voltaire ni de Victor Hugo ni de Baudelaire ou de Sartre, encore moins de Césaire ou de Senghor. Mais aussi, me susurre mon Sancho Pança, si, sans le latin, pas de français et qui dit français dit francophonie, dit aussi R.F.I., dira forcément … Mondoblog et …
La ferme, Sancho, j’ai compris. Touche pas au latin ; mais s’il vous plait, Mesdames Messieurs les pédants, allez l’apprendre à d’autres.

Au hasard d’une lecture, (La Belle du Caire de Naguib Mahfouz), j’ai appris, avec stupeur, tremblement et indignation qu’en 1933, en Egypte, on apprenait le latin. Ça m’a dressé tous les cheveux de la tête. Quel calvaire cela a du être. En parlant de l’Egypte, il parle quelle langue, Sancho ? – L’arabe. Pupain ! La poisse ! Encore une langue que je ne porte pas dans mon cœur. Astaghfiroulahi ! Mais ne le dites à personne because I’m muslim. Pourquoi ? Cela fera peut-être l’objet d’un article.

P.S. : Dites-moi, d’aventure, si l’un d’entre vous a jamais appris le latin, à quoi ça lui a servi et comment il s’en est sorti. Moi, ça ne m’a servi à rien. Rien de rien. Touss, nada, fuck, rien, comme on dit chez nous. Ça m’a juste poussé à ne plus vouloir croiser un cours ou un livre de latin de ma vie. Traumatisé à vie. Sans blagues. Ils me doivent réparation.

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Article : Ceci, Seigneur, est-ce une vie ?
Place au poème
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15 novembre 2013

Ceci, Seigneur, est-ce une vie ?

Crédits photos ; Khadim Mbodj
Crédit photo ; Khadim Mbodj

 

« Pour juguler nos affres » – comme dit un poète de chez nous – quand d’autres boivent, prient, se dissipent en croyant se libérer, nous, nous écrivons. La page blanche ne nous guérit pas certes, mais elle nous apaise.

Aujourd’hui, pas d’article, mais un poème, des vers qui, je l’espère, font sens et feront, modestement, réfléchir.

 

Ceci, Seigneur, est-ce une vie ?

Dites, est-ce une vie ?

Je vis au jour le jour et le jour est noir et sombre comme la nuit,

Je vis au jour le jour et dix jours qui passent se meurent identiques ;

Je suis jeune dans un pays jeune que dirigent des vieux qui rament vers la mort ;

La misère n’est pas mon lot, mais la misère me guette et guette toute la foule des hommes, mes semblables ;

Dans cette vie la misère est une ombre qui plane, qui gronde, qui menace : elle est comme la mort qui rôde, comme la clameur qui précède la folie des eaux ;

Dans cette vie le ciel est bleu et la mer sans ride, mais le plafond est bas, lugubre, oppressant,

Et ce plafond, ersatz d’azur nous pèse et nous pèse aussi le poids des dieux, des faux dieux dont l’autel jamais ne se vide.

Seigneur ! Si la vie est belle, alors nous sommes dans l’antichambre de la vie !

Sommes-nous bernés ? Rêvons-nous ? Où est la porte du réveil ?

Si la vie est belle, alors nous sommes dans les limbes de la vie !…

Je vis au jour le jour un jour noir et sombre comme la nuit, comme la rage qui noie l’éclat de nos yeux bouffis

Et tous les jours qui passent se meurent identiques,

Et tous les jours qui passent razzient, rançonnent l’espoir qui se courbe et ploie comme épis au vent…

Je suis jeune dans un pays jeune que dirigent des vieux qui rament vers la mort.

Pourquoi ramons-nous vers la mort quand le sang qui coule vif dans nos veines appelle la vie ?

Pourquoi ?

Rêvons-nous ? Sommes-nous bernés ? Où est la porte du réveil ?

Si ce rêve prenait fin, verrions-nous enfin la vie, la vraie ?

Ou est-ce cela la vie ?

Dites, Seigneur, ceci, est-ce une vie ?

Ceci, est-ce la vie ?

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Article : Il faut sauver la Vieille Dame !
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14 novembre 2013

Il faut sauver la Vieille Dame !

Crédits photo : seneweb.com
Crédits photo : seneweb.com

 

Âmes charitables, nous vous appelons tous au secours de la Vieille Dame ! – Quelle Vieille Dame ? Ce n’est ni la Jeanne d’Arc de Dakar, club historique de la capitale, qui continue sa descente aux enfers (après la deuxième division, voilà qu’elle se retrouve en D3). Elle mérite d’être sauvée certes mais tel n’est pas le propos. Je ne parle pas d’elle. Encore moins de la Juventus (autre Vieille Dame) à qui une élimination au premier tour de la Ligue des Champions pend au nez. Mais son cas n’est pas critique.

Non. La « vraie » Vieille Dame dont il est question ici aura 100 ans l’année prochaine. Cette Vieille Dame, c’est la gare ferroviaire de Dakar, qui se meurt, oublié de tous (ou presque), et que menacent la rouille, l’action corrosive du temps, un long abandon coupable et… les promoteurs immobiliers d’une boulimie foncière sans bornes.

Splendide bâtisse datant du début du siècle dernier, vestige d’une architecture d’un autre temps, témoin d’une époque où de cette gare partait le célèbre Dakar-Niger. Situé en plein cœur de Dakar, juste en face du Port de Dakar (typique de la mentalité coloniale : venant de tous les coins du Sénégal et de l’Afrique Occidentale Française (A.O.F.), les matières premières (fer, cacao, arachide, coton, etc.) étaient embarquées dare-dare et prenaient la route de la métropole. Un pillage en règle. Mais là n’est pas la question.

Cette gare mérite encore d’être fonctionnelle. Pas en tant que gare (il n’y a plus de chemin de fer au Sénégal) mais en tant que lieu de bouillonnement, d’effervescence et de création culturels. D’où le combat que mène l’association « Les Petites pierres » et qui mérite d’être soutenu, association qui a sa tête Selly Raby Kane, jeune et talentueuse styliste plus connue sous le nom de Séraka et qui a lancé une pétition pour la sauvegarde de la gare.

Sauver la Vieille Dame donc, c’est sauver une partie de l’histoire de la ville de Dakar et du pays, c’est aussi sauver une partie de l’histoire de l’A.O.F. mais aussi lancer un signal fort aux promoteurs immobiliers qui ont privé et veulent encore priver Dakar d’une bonne partie de son patrimoine bâti.

Pour signer la pétition, voici le lien :https://chn.ge/1hgamH6

Ceci n’est pas mon combat mais le combat de tous et il mérite et doit être gagné, car œuvrer pour la culture, c’est aussi  œuvrer pour le développement.

Alors, allez-y nombreux et signez !

Salam

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Article : Passez votre chemin, monsieur, et, surtout, touche pas à mon ventre, sinon…
Radiotrottoir
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1 novembre 2013

Passez votre chemin, monsieur, et, surtout, touche pas à mon ventre, sinon…

Ne pas toucher sinon
Ne pas toucher sinon..Credit photos : mybabytrip.free.fr

 

Une femme, seule, assez mal en point, marchant avec difficulté, tente de s’asseoir, à l’écart, sur un banc de jardin public. On dirait Atlas suant sous le poids du monde. Elle s’assied, se remet de sa fatigue et ne tarde pas à s’assoupir.

Un type déboule, la trentaine agonisante, sourire aux lèvres, le regarde attendri, s’approche d’elle, se penche, lui touche le… ventre et puis demande à la femme qui vient de se réveiller :  » Vous en êtes à quel mois?  » La femme, surprise, apeurée, se lève précipitamment et s’éloigne comme elle peut, de toute la force de ses jambes fébriles. Puis… Un coup de fil. Une sirène. Une voiture. Incompréhension. Une porte qui claque. Sirène à nouveau. Un poste de police. Une plainte. Bonjour, M. le juge. Au revoir, M. le juge. Bonjour M. le régisseur.  » Qu’est-ce que je peux bien faire là, M. le régisseur. Il y a à peine six heures, j’étais libre comme l’air, et, me voilà maintenant en prison. I don’t understand, Mister. Je n’ai rien fait, je n’ai fait que toucher le ventre d’une femme, juste toucher le ventre d’une femme… enceinte « .

C’était, hélas, la chose à ne pas faire. Pourquoi ?

La même chose, à quelques détails près, est arrivée à un homme, à Cumberland County, Pennsylvanie; la femme a porté plainte pour harcèlement et a eu gain de cause. Donc, là-bas, il est strictement interdit de toucher le ventre d’une parfaite inconnue sans son consentement. C’est un délit et qui sait ce que veut dire délit comprendra que ça mène toujours chez Monsieur le juge ; et que le travail de Monsieur le juge consiste, en grande partie, à offrir des séjours, tous frais payés, pour une prison de son choix et la durée de son choix à des personnes qui n’en veulent absolument pas mais qui, auront bon protesté, finiront par se plier à sa décision. Autant dire, un job de rêve.

En tout cas, méfiez-vous, car il n’y a pas plus idiot que de se retrouver en prison et de devoir répondre à l’habituelle question des codétenus : «Qu’as-tu fait pour atterrir ici » par un : «J’ai juste touché le ventre d’une femme, et de s’entendre poser une nouvelle question par un littéraire perdu dans les parages : «Toucher, dans ta phrase, c’est un euphémisme ou une litote ? » Pire que la ritournelle : «Je suis innocent »

Alors, faite gaffe à vos mains. Mais si vous êtes du genre démonstratif, et que la vue d’une femme enceinte vous pousse à vouloir tâter, toucher, cherchez-vous une femme à enceinter (ça se dit pas – en tout cas pas chez nous – mais ça existe quelque part). Si vous n’avez pas, hélas, de quoi enceinter une femme, soignez-vous ou coupez-vous les mains. Sinon gare à la case prison.

Mais soyons sérieux, est-ce une bonne chose, cette interprétation de la loi ? Peut-être que oui. Peut-être que non. Comme toute chose en cette vie. Mais, à ce rythme, bientôt, on interdira d’aborder une femme dans la rue, de demander l’heure à une femme dans la rue, de demander son chemin, quand on est perdu, à une femme dans la rue, et pire, de draguer une femme ou de reluquer les seins ou les fesses d’une femme. A ce rythme, la burqa sera salutaire et permettra même d’économiser les deniers de l’Etat.

Mais ça ne nous regarde pas. Ça, c’est affaires de Blancs. Ça se passe aux Etats-Unis. Pas chez nous. Qu’ils se démerdent. A bon entendeur. Salam les morts, aujourd’hui c’est leur fête.

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Article : Bonne nuit, Madame Mimi Touré
Non classé
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28 octobre 2013

Bonne nuit, Madame Mimi Touré

Crédit photo : senenews.com
Crédit photo : senenews.com

Madame Aminata Touré alias « Mimi », demain, que dis-je, aujourd’hui, vous allez passer votre grand oral. Votre déclaration de politique générale. Savez-vous que ce sera la huitième en treize ans. Sept avant vous, dont six sous Wade, s’y sont déjà essayé, avec brio pour certains. J’ai écouté Monsieur Abdoul  Mbaye ; c’était aux temps de l’espoir et ce monsieur, charismatique, nous fascinait et nous intriguait. Savez-vous que, quoi que vous dirais, je ne vous écouterais pas. Je serais quelque part en train de dormir. Mais d’autres vous écouteront, vous acclameront et vous croiront ou alors auront de l’espoir. Libre à eux, c’est leur droit. Toutes les caméras de la chaîne de télévision servile seront braquées sur vous : ils promettent déjà d’y être à l’aube. Libre à eux, c’est leur boulot. Mais moi, un jeune désœuvré  parmi les millions de jeunes désœuvrés  de ce pays, qui attend encore, en octobre, les résultats de ma première session d’examen, qui aurait du se dérouler en juin et qui n’a eu lieu qu’en… septembre, je ne vous écouterais pas. Libre à moi, c’est mon droit.

Un an déjà, et l’espoir placé en notre bedonnant président a diminué comme peau de chagrin. Quelques prédateurs de nos finances publiques sont certes en prison, mais on s’acharne tellement sur eux, et avec une telle maladresse et une telle volonté malsaine et manifeste de revanche que l’on se surprend à prendre fait et cause pour ces personnes. Et pourtant, l’affaire est si simple.

Madame, promettez-nous tout ce que vous voulez. Ne seront déçus que ceux qui les ont entendus. Mais pas moi. Allez à votre oral pour qu’enfin vos subalternes puissent goûter un repos mérité. Je suis sûr qu’ils sont, depuis votre nomination, sur le qui-vive et à pied d’œuvre, occupés à compulser, arranger, écrire, réécrire toutes les informations fournies par les services de tous les ministères. Allez et réussissez votre face à face  avec nos députés, les élus du peuple qui représentent si bien ce peuple, eux qui roulent carrosse et se paient indemnités sur indemnités. Je suis sûr qu’ils vous applaudiront, vous acclameront et seront fiers de leur premier ministre. Pas moi. Car vous ne serez que le huitième en treize ans. Et je n’aime pas le chiffre 8. Encore moins le chiffre 13. A bon entendeur, Salam, et ne me réveillez pas.

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On y parle de tout et de rien, de toi, de moi (surtout de moi) et de mille et une autres choses. Un vrai capharnaüm

Auteur·e

L'auteur: Khadim
Né au Sénégal, habite Dakar, est sur Facebook, pas encore sur Twitter. Presque un homme de son temps. En quoi je crois: En rien. Je ne crois pas aux politiques, ni en aucun clergé, ni en l'Union Africaine (?!!), ni en mon Président de la République (peu importe lequel). Ce blog ne fera pas avancer son homme ni ce monde. Naïf mais pas idiot. Il ne sert à rien. Il ne peut servir à rien. C'est juste de l'art. Juste pour faire beau. Juste pour le fun.

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